Un module relais permet à un Arduino d’allumer ou d’éteindre un appareil plus puissant, comme une lampe 220 V, une pompe ou un ventilateur, sans que le courant fort passe par la carte. On relie VCC au 5 V, GND à la masse et IN à une broche numérique ; côté puissance, on coupe la phase entre les bornes COM et NO, toujours hors tension et dans un boîtier fermé.
C’est souvent le premier montage « qui fait quelque chose de vrai » : arroser le jardin à heure fixe, allumer la lumière quand il fait nuit, piloter un chauffe-eau depuis son téléphone avec un ESP32… Dans ce guide, on explique simplement comment marche un relais, comment le brancher en 5 V côté Arduino et en 220 V côté appareil, avec un code prêt à copier et les règles de sécurité à ne jamais oublier.
Un relais, c’est quoi exactement ?
Un relais est un interrupteur commandé par un électroaimant. Quand on fait passer un petit courant dans sa bobine, une lame métallique bascule et ferme (ou ouvre) un contact. Ce contact est complètement séparé de la bobine : votre Arduino reste du côté 5 V, la lampe reste du côté 220 V, et les deux ne se touchent jamais électriquement. C’est ce qu’on appelle l’isolation galvanique.
Vous entendez d’ailleurs un petit « clic » à chaque changement d’état : c’est la lame qui bouge.
Les bornes à connaître
| Borne | Côté | Rôle |
|---|---|---|
| VCC | Commande | Alimentation du module, 5 V de l’Arduino |
| GND | Commande | Masse, commune avec l’Arduino |
| IN (ou S) | Commande | Signal venant d’une broche numérique |
| COM | Puissance | Commun : l’arrivée du fil à couper |
| NO | Puissance | Normalement ouvert : relié à COM seulement quand le relais est activé |
| NC | Puissance | Normalement fermé : relié à COM au repos, coupé quand le relais est activé |
Pour un appareil qui doit être éteint par défaut (cas le plus courant), on utilise COM et NO. Si l’Arduino plante ou perd son alimentation, l’appareil s’éteint : c’est le comportement le plus sûr.
Pourquoi ne pas brancher la bobine directement sur l’Arduino ?
Une broche d’Arduino UNO peut fournir au maximum 40 mA, et on recommande de rester autour de 20 mA. Or la bobine d’un relais 5 V standard comme le SRD-05VDC-SL-C consomme environ 70 mA. En plus, quand on coupe le courant dans une bobine, elle renvoie une pointe de tension qui peut détruire la broche.
C’est pour cela qu’un module relais est si pratique : la carte contient déjà un transistor qui fournit le courant à la bobine, une diode « de roue libre » qui absorbe la pointe de tension, et deux voyants (alimentation et état). L’Arduino n’envoie qu’un petit signal sur IN.
Branchement côté Arduino (5 V)
Avec le module relais 1 canal 5 V (SRD-05VDC-SL-C) et un Arduino UNO, il suffit de trois fils mâle-femelle :
| Module relais | Arduino UNO |
|---|---|
| VCC | 5V |
| GND | GND |
| IN | Broche numérique 7 (par exemple) |
Attention au niveau d’activation. Selon le modèle, le relais colle quand IN est à l’état haut (HIGH) ou à l’état bas (LOW). C’est souvent indiqué sur la carte (« High/Low level trigger ») ou par un cavalier. Si votre relais fait l’inverse de ce que vous attendez, il suffit de changer une ligne dans le code ci-dessous.
Et avec un ESP32 ?
L’ESP32 fonctionne en 3,3 V. Alimentez le module en 5 V (broche VIN ou 5V de la carte quand elle est branchée en USB), reliez les masses, et vérifiez que le module accepte un signal de 3,3 V sur IN : la plupart des modules à transistor fonctionnent, mais pas tous. Pour choisir votre carte, voyez notre comparatif ESP32, ESP32-S3, ESP32-C6 ou ESP8266.
Le code Arduino : faire clignoter une lampe toutes les 2 secondes
const int PIN_RELAIS = 7;
const bool ACTIF_A_L_ETAT_BAS = false; // mettez true si votre module colle sur LOW
void relais(bool allume) {
if (ACTIF_A_L_ETAT_BAS) digitalWrite(PIN_RELAIS, allume ? LOW : HIGH);
else digitalWrite(PIN_RELAIS, allume ? HIGH : LOW);
}
void setup() {
relais(false); // on fixe l'état "éteint" avant d'activer la sortie
pinMode(PIN_RELAIS, OUTPUT);
}
void loop() {
relais(true); // l'appareil s'allume
delay(2000);
relais(false); // l'appareil s'éteint
delay(2000);
}
Faites ce premier essai sans rien brancher côté 220 V : vous devez entendre le clic et voir le voyant d’état s’allumer et s’éteindre. Ce n’est qu’ensuite qu’on passe au côté puissance. Évitez aussi de faire commuter un relais trop souvent (plusieurs fois par seconde) : ses contacts s’usent.
Branchement côté 220 V : la partie à faire en sécurité
Le 220 V peut tuer. Si vous n’avez jamais travaillé sur le secteur, faites valider ou réaliser ce câblage par un électricien. Et dans tous les cas, on travaille toujours débranché.
- Débranchez la prise ou coupez le disjoncteur avant de toucher un fil.
- Coupez la phase, pas le neutre : le fil de phase venant de la prise arrive sur COM, et repart de NO vers l’appareil. Le neutre et la terre vont directement à l’appareil, sans passer par le relais.
- Serrez bien les vis du bornier, sans brin de cuivre qui dépasse.
- Jamais de 220 V sur une breadboard ni avec des fils de prototypage : utilisez du câble électrique de bonne section, à choisir avec le convertisseur AWG / mm².
- Tout dans un boîtier isolant fermé, avec un serre-câble, pour qu’on ne puisse pas toucher les pistes du module, car le dessous de la carte est lui aussi sous tension.
- Un fusible en amont du montage protège en cas de court-circuit.
Quelle charge peut-on brancher ?
Le relais SRD-05VDC-SL-C est marqué 10 A sous 250 V alternatif, pour une charge résistive (lampe à incandescence, résistance chauffante). En pratique, gardez une bonne marge : pour un moteur, une pompe, un compresseur ou certaines alimentations, le courant au démarrage est bien plus fort que le courant normal et use vite les contacts. Pour estimer le courant d’un appareil, divisez sa puissance par la tension (par exemple 1000 W ÷ 230 V ≈ 4,3 A) ou utilisez le calculateur loi d’Ohm.
Au-delà de quelques ampères, ou pour un appareil qui tourne longtemps (chauffe-eau, climatiseur), le relais du module sert plutôt à commander la bobine d’un contacteur installé dans un tableau électrique.
Plusieurs appareils : module multi-canaux ou shield
Pour piloter plusieurs appareils, on peut multiplier les modules 1 canal (un par broche) ou utiliser l’Arduino 4 Relays Shield officiel : il s’enfiche directement sur un UNO, chaque relais est commandé par une broche numérique (actif à l’état haut) et possède sa LED d’état et ses bornes NO / NC / COM. Pratique pour une petite installation d’arrosage ou d’éclairage à plusieurs zones.
Faire son propre étage relais sur une carte
Si vous concevez votre carte, vous pouvez reproduire ce que fait le module avec quelques composants :
- un relais 5 V, par exemple l’Omron G5V-1 DC5 pour les petites charges (contacts de 1 A, donc pas pour le 220 V de puissance) ;
- un transistor NPN comme le 2N2222A, avec une résistance d’environ 1 kΩ entre la broche de l’Arduino et la base ;
- une diode 1N4148 (ou 1N4007) montée en inverse aux bornes de la bobine, cathode côté +5 V : c’est la diode de roue libre, indispensable.
Pour comprendre le rôle du transistor, lisez notre guide choisir le bon transistor pour son circuit. Les autres composants de base sont listés dans les composants indispensables pour débuter avec Arduino.
Et en armoire électrique ?
Dans une armoire industrielle, on n’utilise pas de module à vis sur un Arduino, mais des relais d’interface sur rail DIN, souvent commandés en 24 V par un automate. Par exemple, le relais Phoenix Contact REL-MR-24DC/21HC se monte sur le socle RIF-1-BPT/2X21. Pour aller plus loin, voyez câbler une armoire électrique et PLC ou Arduino en milieu industriel.
Les produits cités, prix chez Djenni
Prix affichés sur djenni.ma au 30 octobre 2026 (ils peuvent évoluer, la fiche produit fait foi). Retrouvez tous les modèles dans la catégorie Relais.
| Produit | Usage | Prix |
|---|---|---|
| Module relais 1 canal 5 V (SRD-05VDC-SL-C) | Premier montage Arduino ou ESP32 | 15 Dhs |
| Arduino UNO | La carte de commande | 120 Dhs |
| Arduino 4 Relays Shield (A000110) | Quatre appareils à piloter | 665 Dhs |
| Relais Omron G5V-1 DC5 | Étage relais sur votre carte | 25 Dhs |
| Transistor 2N2222A | Commande de la bobine | 3 Dhs |
| Diode 1N4148 | Diode de roue libre | 2 Dhs |
| Relais Phoenix Contact REL-MR-24DC/21HC | Relais d’interface 24 V | 55 Dhs |
| Socle Phoenix Contact RIF-1-BPT/2X21 | Montage sur rail DIN | 70 Dhs |
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Questions fréquentes
Peut-on brancher un relais directement sur une broche Arduino ?
Non, pas la bobine seule : elle consomme environ 70 mA alors qu’une broche est limitée à 40 mA, et sa pointe de tension à la coupure peut abîmer la carte. Utilisez un module relais, qui contient déjà le transistor et la diode de protection.
Quelle est la différence entre NO et NC sur un relais ?
NO (normalement ouvert) n’est relié à COM que lorsque le relais est activé. NC (normalement fermé) est relié à COM au repos et se coupe quand le relais est activé. Pour qu’un appareil soit éteint par défaut, on utilise COM et NO.
Pourquoi mon relais s’active quand la broche est à LOW ?
Beaucoup de modules sont « actifs à l’état bas ». Ce n’est pas une panne : il suffit d’inverser la logique dans le code, par exemple avec une variable comme ACTIF_A_L_ETAT_BAS.
Un module relais 5 V fonctionne-t-il avec un ESP32 en 3,3 V ?
Souvent oui : on alimente le module en 5 V et on envoie le signal 3,3 V sur IN, avec les masses reliées. Certains modules demandent cependant un signal plus élevé ; testez-le sans charge avant de câbler le 220 V.
Quel fil du 220 V faut-il faire passer par le relais ?
La phase : elle arrive sur COM et repart de NO vers l’appareil. Le neutre et la terre vont directement à l’appareil. On câble toujours hors tension, dans un boîtier fermé, et en cas de doute on fait appel à un électricien.

