Dans presque toutes les armoires électriques, il y a un petit boîtier clipsé sur un rail métallique, souvent avec un voyant vert ou bleu. C’est l’alimentation 24 V sur rail DIN. Elle transforme le 230 V du réseau en 24 V continu, la tension qui fait tourner les automates, les capteurs, les relais et les petits voyants. Si elle tombe en panne, toute la machine s’arrête.
Dans ce guide, on vous explique simplement comment choisir la bonne puissance, comment la brancher sans erreur et comment protéger chaque départ. C’est la suite logique de notre article câbler une armoire électrique proprement : on y avait vu le rail DIN, les borniers et le repérage des fils.
Important : le côté entrée de l’alimentation est en 230 V. Travaillez toujours hors tension, coupez le disjoncteur en amont et vérifiez l’absence de tension avant de toucher aux bornes. Si vous n’êtes pas habilité, faites appel à un électricien qualifié pour la partie 230 V.
Pourquoi du 24 V dans une armoire ?
- C’est le standard de l’industrie : la plupart des automates (PLC), capteurs, électrovannes, relais et colonnes lumineuses industrielles sont prévus pour du 24 V continu.
- C’est une très basse tension : 24 V continu reste bien moins dangereux au toucher que le 230 V, ce qui rend les interventions plus sûres sur la partie commande.
- Moins de courant qu’en 12 V : pour la même puissance, le 24 V fait circuler deux fois moins de courant. Les fils chauffent moins et la tension baisse moins sur les longues distances.
Le 12 V reste utile pour certains équipements (une colonne lumineuse 12 V, un petit modem, une caméra). Dans ce cas, une petite alimentation comme la Mean Well HDR-60-12 (12 V, 4,5 A) fait très bien l’affaire à côté de la 24 V.
Comment choisir la bonne alimentation
1. Faites la liste de ce qu’elle va alimenter
Additionnez le courant de tout ce qui est branché sur le 24 V. Vous trouvez la consommation de chaque appareil dans sa fiche technique, en ampères (A) ou en watts (W). Pour passer des watts aux ampères, divisez simplement par 24. Voici un exemple de calcul pour une petite armoire (valeurs indicatives, à remplacer par celles de vos fiches techniques) :
| Équipement | Quantité | Courant par unité | Total |
|---|---|---|---|
| Automate (PLC) | 1 | 0,5 A | 0,5 A |
| Capteurs 4-20 mA | 4 | 0,025 A | 0,1 A |
| Relais d’interface (bobine 24 V) | 6 | 0,02 A | 0,12 A |
| Électrovannes 24 V (8 W chacune) | 2 | 0,33 A | 0,67 A |
| Voyants et colonne lumineuse | – | – | 0,3 A |
| Total | environ 1,7 A |
2. Ajoutez une marge
Une alimentation qui tourne en permanence à 100 % chauffe et vieillit vite. Prévoyez au moins 25 à 30 % de marge, et pensez aux extensions futures. Dans notre exemple : 1,7 A × 1,3 ≈ 2,2 A. Une alimentation 24 V de 2,5 A (60 W) suffit, et une 5 A (120 W) vous laisse de la place pour ajouter des équipements plus tard.
Attention aussi aux appareils qui demandent un gros courant au démarrage, comme les moteurs, les grosses électrovannes ou les lampes. Si votre armoire en a beaucoup, choisissez plus large. Pour une armoire bien remplie, l’alimentation rail DIN 24 V Mean Well NDR-240-24 donne 10 A, de quoi alimenter un automate, des dizaines de capteurs et plusieurs actionneurs.
3. Vérifiez les autres caractéristiques
- Tension d’entrée : une entrée « universelle » (par exemple 90 à 264 V AC) accepte le réseau marocain 230 V sans réglage.
- Réglage de la sortie : un petit potentiomètre (+V ADJ) permet d’ajuster la tension, par exemple pour compenser la chute de tension d’un câble long.
- Voyant DC OK : il montre d’un coup d’œil que la sortie est présente. Certaines alimentations ont aussi un contact « DC OK » que l’automate peut surveiller.
- Protections : surcharge, court-circuit, surtension et surchauffe. Elles sont présentes sur les alimentations industrielles sérieuses.
- Température : la fiche technique donne une « courbe de déclassement ». Au-delà d’une certaine température, l’alimentation ne peut plus fournir toute sa puissance. Dans une armoire en plein soleil l’été, c’est un point à ne pas oublier.
- Largeur : sur un rail DIN, chaque centimètre compte. Les modèles « slim » prennent moins de place.
Les bornes d’une alimentation rail DIN

Presque toutes les alimentations rail DIN suivent la même logique :
- Côté entrée (230 V) : L pour la phase, N pour le neutre et le symbole ⏚ pour la terre (PE).
- Côté sortie (24 V) : +V pour le plus et -V pour le moins (0 V). Il y a souvent deux bornes de chaque, reliées entre elles à l’intérieur, pour faciliter le câblage.
- +V ADJ : le potentiomètre de réglage de la tension.
- DC OK : le voyant (et parfois un contact) qui signale que la sortie fonctionne.
Regardez toujours l’étiquette et la notice de votre modèle : l’ordre des bornes peut changer d’un fabricant à l’autre.
Le câblage pas à pas
- Protégez l’entrée avec un disjoncteur ou un fusible dédié. Son calibre dépend du modèle : la fiche technique indique le courant d’entrée et le pic au démarrage. Les fusibles céramique 5×20 temporisés montés dans un support de fusible pour rail DIN ou une borne porte-fusible rail DIN à LED sont une solution simple et propre.
- Raccordez la terre sur la borne ⏚. Ne l’oubliez jamais : elle protège les personnes et aide l’alimentation à filtrer les parasites.
- Utilisez des embouts sur tous les fils souples, comme les embouts isolés 0,75 mm². Un fil nu écrasé dans une borne finit par se desserrer.
- Choisissez la bonne section : 0,75 à 1,5 mm² suffit en général pour la commande 24 V, mais vérifiez selon le courant. Notre convertisseur AWG / mm² vous aide si la fiche donne la section en AWG.
- Distribuez le 24 V par des borniers, au lieu de serrer dix fils dans la même borne de l’alimentation. Une rangée de bornes « +24 V » et une rangée « 0 V » dans nos Borniers industriels, et chaque appareil a sa place.
- Repérez vos fils : beaucoup d’armoires utilisent du bleu foncé pour la commande en courant continu. Le plus important est de garder le même code partout et de marquer « +24 V » et « 0 V » aux deux bouts.
- Le 0 V et la terre : dans beaucoup d’installations, le 0 V est relié à la terre en un seul point, pour qu’un défaut soit détecté. Suivez le schéma de votre installation et la notice de l’automate.
Réglez la tension avant de tout brancher
Mettez l’alimentation sous tension sans rien brancher sur la sortie, puis mesurez avec un multimètre entre +V et -V. Vous devez lire environ 24 V. Si besoin, tournez doucement le potentiomètre +V ADJ. Restez autour de 24,0 à 24,5 V : inutile de monter plus haut, sauf si un câble très long fait baisser la tension au bout. Vous pouvez estimer cette baisse avec notre calculateur de loi d’Ohm.
Protégez chaque départ séparément
C’est le conseil qui change tout le jour d’une panne. Si un capteur se met en court-circuit et que tout est branché directement sur l’alimentation, c’est toute l’armoire qui s’éteint, automate compris. En mettant un petit fusible sur chaque départ (par exemple un pour l’automate, un pour les capteurs, un pour les électrovannes), seul le circuit en défaut est coupé. Avec une borne porte-fusible rail DIN à LED, le voyant s’allume sur le fusible qui a sauté : on trouve le problème en quelques secondes.
Pour les fonctions de sécurité, comme un arrêt d’urgence, on utilise des produits prévus pour cela, comme un module relais de sécurité 24 V, et on suit les normes de la machine. Un fusible ou un relais ordinaire ne suffit pas.
Chaleur et ventilation
- Laissez de l’espace au-dessus et en dessous de l’alimentation, comme indiqué dans la notice : l’air chaud doit pouvoir monter.
- Montez-la dans le bon sens (le plus souvent bornes d’entrée en bas, sortie en haut) : c’est ce qui permet le refroidissement naturel.
- Évitez de la coller à un variateur de vitesse ou à une résistance de chauffage.
- Si l’armoire chauffe beaucoup, prévoyez un ventilateur avec filtre, ou choisissez une alimentation plus puissante pour qu’elle travaille à mi-charge.
Et si j’ai besoin de 5 V ou de 3,3 V ?
C’est souvent le cas quand on ajoute un ESP32 ou un Arduino dans une armoire. Le plus simple est de garder une seule alimentation 24 V et d’ajouter un convertisseur : un module abaisseur de tension LM2596 descend le 24 V à 5 V pour la carte. Réglez sa sortie au multimètre avant de brancher la carte. C’est exactement le montage de notre guide capteurs industriels 4-20 mA avec un ESP32, et le principe vaut aussi pour un automate CONTROLLINO MINI, qui s’alimente directement en 24 V.
Les erreurs fréquentes à éviter
- Une alimentation trop juste : elle chauffe, la tension baisse au démarrage des électrovannes et l’automate redémarre sans raison.
- Oublier la terre sur la borne ⏚.
- Inverser entrée et sortie : envoyer du 230 V sur les bornes +V/-V détruit l’alimentation. Vérifiez deux fois avant la mise sous tension.
- Tout brancher sur une seule borne : les fils se desserrent et chauffent. Passez par des borniers de distribution.
- Aucune protection par départ : un seul court-circuit éteint toute l’installation.
- Pousser le réglage à 28 V « pour être tranquille » : certains capteurs et relais n’aiment pas du tout.
La petite checklist avant la mise sous tension
- Disjoncteur ou fusible d’entrée en place et du bon calibre.
- L, N et terre bien serrés, sans brins qui dépassent.
- Aucun fil 230 V sur les bornes de sortie.
- Tension réglée et mesurée à vide.
- Chaque départ 24 V protégé et repéré.
- Espace de ventilation respecté.
Où trouver le matériel ?
Vous trouverez les alimentations rail DIN dans notre rayon Électromécanique, avec les socles relais Phoenix Contact et les autres produits du rayon Relais. Pour le raccordement, voyez nos Borniers industriels et nos Câbles. Et pour vos calculs, tous nos outils et calculateurs sont gratuits.
Vous préparez une armoire complète ou vous cherchez une gamme industrielle sur devis ? Contactez-nous avec votre liste de besoins : nous vous aidons à choisir la bonne alimentation et les bonnes protections.

